TEMOIGNAGE DE LUCIEN JOLY
2017 - TEMOIGNAGE DE LUCIEN JOLY
PATRIMOINE
TEMOIGNAGE DE LUCIEN JOLY
Publié le 08-06-2017
Lors de la Journée Nationale d’hommage aux « Morts pour la France » en Indochine, le 8 juin, un recueillement officiel avec dépôt de gerbes a été respecté au cimetière du Centre-Bourg, en présence de nombreux élus. Francis Méresse, président de la section locale de l’UNC, a rappelé les 77 334 soldats tombés de 1945 à 1954 et les 84 270 blessés. « Les accords de 1954 n’ont pas rétabli la paix en Indochine comme on pouvait l’espérer », a-t-il notamment souligné. Trois Roncquois ont laissé leur vie sur ces théâtres d’opérations, que ce soit en Indochine ou au Tonkin : André Snauwert, Jean-Louis Dervaux et Charles Dalle. Thérèse-Marie Couvreur, Chantal Nys, Adjointes au Maire, et Lucien Joly, le dernier survivant roncquois ayant participé à la guerre d’Indochine, ont déposé deux gerbes au pied du Monument aux Morts, celle de la Ville par les élues et celle des ACPG-CATM par Lucien Joly. Agé aujourd’hui de 92 ans, originaire des Vosges mais résident roncquois depuis 1972, Lucien Joly, adhérent des ACPG-CATM, rêve encore la nuit de ce qu’il a vécu dans les rizières, les plaines de joncs. « J’étais dans la 2ème DB dans les Vosges durant l’hiver 1944-45, à la fin de la 2ème Guerre Mondiale », raconte-t-il, « je souffrais du froid et il fallait des volontaires pour se rendre au Japon, je savais qu’il faisait chaud là-bas, alors j’ai accepté ». Arrivé à Ceylan – l’actuel Sri Lanka – il se rend alors en Indochine, à Saïgon, où il pose le pied en 1946. Il quittera l’Indochine en juillet 1948."L'ennemi était invisible dans les rizières et la forêt vierge"Il va combattre au front, dans les transmissions coloniales. « L’ennemi était invisible dans les rizières et la forêt vierge, on se faisait régulièrement accrocher », se souvient-il, « les Khmers rouges nous ont régulièrement attaqués, il y a eu d’énormes pertes, nombre de mes camarades sont morts ». Les paysages sont pourtant magnifiques dans les ruines d’Angkor. Si j’ai été victime du paludisme en Algérie, je n’ai jamais été malade en Indochine, on communiquait en alphabet morse, j’étais dans des postes isolés avec le 43ème R.I. colonial mais aussi à Saïgon pour assurer le trafic avec l’AFP. Il y a eu des moments d’attente, j’ai appris la patience là-bas et j’ai été blessé juste avant mon rapatriement. J’étais radio dans un train qui a été attaqué et du matériel lourd est tombé sur mon pied, je suis rentré en France avec des béquilles. »  « J’ai appris à réfléchir en Indochine, à penser à la mort », ajoute-t-il, « j’ai vu un marin blessé mourir devant moi, il délirait et pensait que l’infirmière chargée de le soigner était sa femme. Il ne faut plus que les guerres se reproduisent, surtout quand on voit à quoi elles servent ».
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